La fiche de lecture et la réalité augmentée grâce à KeyNote et HP Reveal

À la rentrée prochaine, mon établissement mettra en place le dispositif “Quinze minutes de lecture par jour”.

Le plaisir de lire va de pair avec le plaisir de raconter ce qu’on a lu et d’écouter ce que les autres ont lu. Ceux qui ont déjà lancé ce dispositif savent combien les élèves aiment échanger les lectures entre eux. J’ai également constaté cela avec une classe de 3e sur laquelle les élèves ont été acteurs de leurs lectures et des transmissions de celles-ci : à deux semaines du Brevet des collèges, plus d’un tiers des élèves (REP) emprunte encore des romans ou nouvelles. Cette victoire m’inspire donc pour mes pratiques de la rentrée prochaine.

Je vais utiliser les lectures des élèves de 6e pour leur apprendre à rédiger des notices biographiques, à résumer un livre (en allant à l’essentiel) et à rédiger un avis argumenté.

Ce projet qui devrait être totalement concrétisé fin septembre/début octobre permet donc de revoir les bases de l’écriture avec un objectif ludique. D’ailleurs, les éléments essentiels, en lien avec ce projet, que nous étudierons dès le début d’année seront :

  1. La ponctuation
  2. La rédaction de phrases simples avec grammaire et syntaxe correctes
  3. Organiser les phrases dans un paragraphe (logique du paragraphe et connecteurs logiques)

Ces points seront vus tout au long des cours. Ils auront également des fiches méthodologiques et des entraînement fréquents, sur chaque auteur vu, afin de prendre rapidement de bons réflexes. Je poste ainsi ici la méthode (6e) de la rédaction de la notice biographique :

Après cela, vient le résumé. Il s’agira de faire bref tant pour les élèves qui ont bien besoin d’aller à l’essentiel que pour l’application de réalité augmentée. Là, pas de fiche méthode encore. Je dois adapter celle des 3e et j’attends la pratique avec les 6e pour la finaliser. Ce que j’attendrai qui y figure : les personnages principaux/ l’intrigue principale/ quelques adjectifs qualificatifs permettant de dessiner l’ambiance de l’oeuvre (en lien avec les personnages, les actions…).

Enfin, les élèves devront rédiger leur avis. Nous travaillerons l’argumentation et l’expression des sentiments. Souvent, les élèves manquent de vocabulaire pour exprimer ce qu’ils ont ressenti lors de la lecture ou pour juger l’univers dans lequel ils ont été plongés : nous soulignerons donc leur expérience qu’ils devront justifier en expliquant pourquoi de la manière la plus précise et synthétique.

Outre les notices biographiques qui restent dans le cahier/classeur, le reste sera rédigé au brouillon. Pour ce projet numérique, j’ai envie que le site d’écriture collaborative en ligne Framapad serve de brouillon. Chaque élève aura sa page Framapad attribuée dès le début d’année. Pourquoi ce choix ?

  1. La rapidité. L’élève rédigera, tout au long de l’année, ses brouillons chez lui ou au CDI à partir de Framapad. Une fois en salle informatique ou dans la classe avec les tablettes, il n’a plus qu’à faire un copier/coller de son travail sur l’application. Cela évite les longues séances de recopie chronophage.
  2. La correction. L’élève peut corriger l’orthographe plus facilement sur l’ordinateur, tout comme ses erreurs grammaticales (je les initie aux correcteurs en lignes dont certains sont très efficaces pour corriger tout en réfléchissant sur ses erreurs).
  3. La correction (bis). Le professeur peut accéder en ligne, à tout moment, au brouillon de l’élève. Il voit ce qui a été rédigé mais aussi comment l’élève en est arrivé là. En effet, une des superbes fonctions de Framapad est d’avoir la possibilité de voir ce que l’élève a supprimé/modifié/rajouté. On peut donc revenir sur son système de rédaction, de structuration et de pensée.
  4. L’économie de papier. Tous les brouillons seront recensés sur la même page. Finis les papiers à moitié utilisés et aussitôt jetés. Finis les papiers qui traînent dans les cahiers ou le classeurs (ou qui sont oubliés). Tout sera stocké sur la même page Framapad.
  5. L’élève voit ses progrès. Si tout est stocké sur la même page, l’élève voit ses progrès. Ce point m’intéresse particulièrement car il a visuellement et concrètement, tout au long de l’année, un regard sur ce qu’il rédige. Les évolutions sont/doivent être positives : cela permet de valoriser leur travail.

Une fois le brouillon terminé et validé par le professeur ou la documentaliste, nous le mettons en forme sur KeyNote ou LibreOffice Présentation. Je donnerai un modèle de mise en page aux élèves pour une prise en main plus facile du logiciel. Cela les habitue aussi aux logiciels de présentation : c’est intéressant pour leurs futurs exposés.

Personnellement, j’utilise KeyNote (ici, sur version MacBook). Voici ce que donne la mise en page. Pour le test, le résumé est la 4e de couverture du roman ; l’avis a été rédigé rapidement. J’insère un système de notation avec des étoiles (avec l’outil “Graphique”) : cela permet de maîtriser l’insertion de graphiques et la gestion des style (couleur des documents).

Une fois la fiche réalisée, je l’enregistre et la transfère sur mon iPad. J’ouvre HP Reveal. J’associe ma fiche de lecture à un marqueur (= la couverture du livre) et voici le résultat :

Littérature audio pour les 6e

Afin de susciter le plaisir des textes et des histoires, nous proposons une liste de ressources de littérature-audio destinées à des élèves de 6e (ou plus aussi).
Certains enfants ne veulent pas se confronter aux supports écrits pour plusieurs raisons : problèmes de vocabulaire (si je ne comprends pas un mot, je ne comprends rien), problèmes de fluence (si je bute sur trop de mots lors de ma lecture, je ne comprends pas l’histoire), problèmes de compréhension (les petits lecteurs ne reviennent pas forcément en arrière s’ils n’ont pas compris l’enchaînement de la narration)…

Toutes ces raisons peuvent pousser à écouter la littérature, à écouter les histoires et à y prendre goût. Je pratique ponctuellement cela en classe et les élèves aiment écouter les conteurs qui les emmènent dans d’autres univers. En se laissant emporter par les voix, plus de problèmes liés à la graphie, plus de problèmes de lenteur : le sens global se suffit à lui-même.

Autour de la mythologie :

Autour des récits d’aventures : TINTIN par la Comédie Française

Autour des contes de Perrault

Autour des nouvelles

Autour de Harry Potter

Utiliser Skitch en cours de Français

Le logiciel Skitch permet de modifier des images. À partir de la photographie d’un texte étudié en classe, les élèves peuvent l’étudier en l’annotant, en relevant et commentant des procédés littéraires. Ce travail peut commencer après une première lecture du texte, après des questions ciblées ou lors d’une analyse plus libre. Les élèves analysent le texte avec un panel de couleurs et ils peuvent également insérer des légendes et quelques commentaires. Le professeur, après avoir reçu l’image via AirDrop, peut valider ou non, par l’annotation les hypothèses et/ou analyses de l’élève.

Usages possibles :

  • Initiation à l’analyse de texte ;
  • Travail au brouillon des textes ;
  • Relevé des erreurs dans une copie, autocorrection ou correction par les pairs ;
  • Travail sur des relevés grammaticaux

La vidéo de présentation est aussi un petit tutoriel qui permet de voir une utilisation possible de l’application “Skitch” avec le poème “Demain, dès l’aube” de Victor Hugo.

La culture générale par Netflix

Les élèves ont de plus en plus accès à Netflix dans leur foyer. Nombreux sont ceux qui possèdent ainsi la posséder d’accéder à des séries et/ou des films leur permettant d’accroître leur culture générale. Je vous propose une liste de films, documentaires et séries qui pourront être utiles pour comprendre des textes, des références culturelles mais qui pourraient donner lieu à des exemples dans des copies (sujet de réflexion, dissertation…).

Les documentaires

  • Les féministes, à quoi pensaient-elles ?
  • Elles étaient en guerre (1914-1918)
  • Elles étaient en guerre (1939-1945)
  • Un numéro sur ma peau

Les films

  • Le Pianiste
  • La Passion du Christ
  • The Artist
  • Incendies
  • Les Misérables
  • La Ligne verte
  • Vipère au poing
  • Des Hommes et des Dieux
  • La Cité de Dieu
  • Le garçon au pyjama rayé
  • Frida
  • Into the wild

Les séries

  • 13 reasons why
  • Black Mirror
  • Troie, la chute d’une cité
  • Spartacus

Étudier L’Odyssée en classe de 6e

Planche extraite de “L’Odyssée : les aventures d’Ulysse” par Bottet et Harel

 

L’Odyssée est une œuvre généralement appréciée mais elle nécessite plusieurs points de départ importants :

  • une mise en enquête littéraire qui puisse orienter les élèves et leur permettre de faire des liens entre les textes. J’ai choisi : « Pourquoi les monstres ? ». Cela permet de définir la monstruosité mais aussi, et surtout, de réfléchir sur l’Homme.
  • une édition adaptée au niveau des élèves. Certaines éditions sont trop complexes (celle de L’École des loisirs n’est peut-être pas adaptée à un public REP). J’ai opté pour la collection « Classiques & cie collège » chez Hatier. Les extraits essentiels sont présentés, des résumés sont proposés, le vocabulaire est accessible et la chronologie n’est pas complexe. De plus, un dossier de présentation des personnages, avec illustrations et des cartes est proposé en amont.
  • un accompagnement de la lecture en classe. Les premières séances ont été consacrées à la lecture en classe (du début jusqu’à l’épisode du cyclope). Ces moments de lecture permettaient de parler du contexte historique (déjà amorcé dans une séance spécifique), de mettre en avant les valeurs grecques importantes (patrie, famille, hospitalité), de montrer les spécificités du langage homérique (les comparaisons, les épithètes homériques). La lecture est ainsi ponctuée par des explications variées, par des questions de compréhension orales, par des amorces d’analyses littéraires (liées au langage), par des amorces culturelles et aussi par les interrogations des élèves.

 

Une fois ces points respectés, l’étude de l’œuvre peut commencer. Je sélectionne diverses traductions qui ne sont pas celles de leur livre. Cela permet de mettre en avant la notion de traduction et cela leur rappelle aussi, à travers l’importance des images, que l’œuvre est d’abord un poème. Pour les traductions, il faut les varier. Nous privilégierons tout de même celles où le passé simple est mis en avant. Trop de versions ont été simplifiées.

 

Pour l’étude des textes, ne soyons pas exhaustifs. Contentons-nous du questionnement initial : « Pourquoi les monstres ? ».

  • Pour l’épisode du cyclope, les élèves pourront faire un tableau comparatif entre le monde des hommes et celui du Cyclope. Nous montrerons, à la fin, qu’Ulysse a fait preuve de vanité et qu’il n’est pas un héros total (contrairement à la fin de l’épopée).
  • Le passage chez Circé (traduction de Nathalie Perceau, éd. Nathan) donnera lieu à une étude physique et psychologique de la magicienne. Les élèves, à l’aide de couleurs, relèveront tous les éléments liés à l’apparence physique, à la magie, aux ruses répétitives et donc non intelligentes (à la différence d’Ulysse). La répétition, dans la traduction suggérée, se traduit textuellement : elle est un moyen d’accentuer le profil de Circé. Cela nous permet aussi d’éviter des questionnements trop thématiques. Nous étudions des textes, ne l’oublions pas… Concernant l’Homme, nous mettrons en avant deux facettes : ceux qui laissent facilement charmer par les artifices, qui ne réfléchissent pas et ceux qui décèlent les pièges. Le héros quant à lui, sera étudié comme garant de l’ordre des choses, de l’univers. C’est lui qui rétablit le bon fonctionnement de la société : le courage, l’obéissance aux dieux (Hermès, ici), la prudence et le sens de la patrie.
  • Pour l’épisode des Sirènes (traduction et adaptation de Chantal Bertagna, Fleurs d’encre), mes élèves ont dû donner un titre à chaque paragraphe. Cela permet de travailler la compréhension mais aussi de répondre assez rapidement au questionnement littéraire. Des comparaisons avec Circé pourront être faites et commentées : féminité, voix, voyance (les voyantes de L’Odyssée se contredisent et, malgré leurs désirs maléfiques, n’hésitent pas à se mettre des bâtons dans les roues). La faiblesse des hommes peut être questionnée.
  • Le passage entre Charybde et Scylla donnera lieu à des recherches documentaires sur les détroits. Un questionnement sur le monstre le plus terrifiant pourra être demandé (avec justification, bien sûr). Nous nous interrogerons aussi sur le héros qui doit faire des choix et ne peut pas sauver tout le monde (un défaut selon Circé). Nous pourrons d’ailleurs mettre cela en relation avec des séries actuelles dans lesquelles le héros doit sacrifier des personnes pour en sauver (exemple : The 100).
  • Les prétendants sont aussi des monstres. Le questionnement sera entier et mettra en avant les valeurs morales et patriotiques.

Après chaque extrait étudié, les élèves relisent le passage dans l’édition étudiée. Cela leur permet de revenir sur l’épisode en fixant la compréhension et en ayant parfois quelques éléments supplémentaires. Ils lisent jusqu’au début de l’épisode qui sera étudié la prochaine séance. C’est là que se fait la lecture individuelle.

Pour aider les élèves à se représenter l’œuvre, nous n’hésiterons pas à faire de nombreuses séances d’Histoire des arts ou à demander des recherches documentaires sur divers sujets. Il faut que les élèves puissent avoir des images mentales des monstres et des scènes lues.

Des extraits de l’adaptation cinématographique de Mario Camerini (1954) peuvent également être diffusés après lecture des extraits. Cela permettra de se représenter les scènes plus facilement.

Enfin, l’adaptation en BD L’Odyssée : les aventures d’Ulysse par Béatrice Bottet et Émilie Haret peut aider à la compréhension générale de l’oeuvre.

Vous pouvez aussi accéder aux pistes d’analyse de L’Odyssée proposées sur notre site.

Lecture et culture

Récemment, lors d’une formation sur la maîtrise de l’implicite et de la lecture littéraire, nous avons abordé une question essentielle : la culture personnelle des élèves.

Celle-ci, peu importe milieux sociaux, manque de consistance. Nombreux sont les éléments incompris dans les textes (références mythologiques, bibliques, nom d’un animal, nom d’un meuble, etc.). Pour combler cela, il faut apporter de la culture aux élèves. Comment s’y prendre quand le travail à la maison manque ? Suite à cette formation de janvier, j’ai déjà pu mettre plusieurs dispositifs en place. Je vais les exposer à partir d’un chapitre consacré à la découverte de nouvelles terres qui s’inscrit dans le domaine “Le voyage et l’aventure : pourquoi aller vers l’inconnu ?“.

D’abord, ma progression littéraire respecte la chronologie. Cela permet aux élèves de se structurer une frise, qui va de pair avec ce qui est travaillé en Histoire, et d’éviter les anachronismes.

Avant de commencer le chapitre et d’annoncer le titre, les élèves ont lu un récit biographique court, écrit par Hélène Montardre : Le voyage de Christophe Colomb. Petits et grands lecteurs apprécient cette lecture courte qui leur apporte des éléments culturels simples mais tout de même précis. Je leur propose un questionnaire de lecture fondé sur la compréhension du texte et sur des éléments historiques intéressants.

La lecture faite, nous commençons le chapitre par la correction du questionnaire. Cela permet de revenir sur des points non compris et sur quelques explications historiques. À la suite de cette séance, je leur demande de visionner, chez eux, un documentaire de vingt minutes expliquant le projet de Colomb, son déroulé et les aboutissants de celui-ci. Le documentaire permet de fixer et de compléter la lecture cursive. C’est aussi un bon moyen de visualiser certains éléments qui pouvaient sembler flous aux élèves (les éléments liés à la navigation, notamment, et l’importance du christianisme, par exemple). Le visionnage du documentaire donne lieu, par la suite, en classe, à quelques interrogations intéressantes.

Ce chapitre, peu littéraire, permet aussi d’aborder des typologies textuelles différentes. Ainsi, nous avons repris, lors de deux séances, les textes documentaires proposés par le manuel Colibris 5e. L’aspect documentaire est intéressant et permet d’éclairer la lecture future des textes des voyageurs. Les élèves sont invités à relever les spécificités de ce genre et à relever des informations, ici explicites, précises.

Plus tard, un texte sur la rencontre avec l’Autre donnera lieu à divers questionnements. Ce sera l’occasion de leur faire visionner, toujours à la maison, La Controverse de Valladolid. Ce film, en plus du documentaire précédent, ont pour but d’affiner leurs réflexions sur les questions humanistes et de leur montrer que le XVIe siècle est un tournant dans l’histoire de l’humanité.

Les textes de grands voyageurs tels Léry ou Magellan sont précédés de recherches documentaires par les élèves. Ceux-ci apprennent à réaliser de courtes biographies permettant de présenter l’essentiel d’une personnalité. Cela leur permet de devenir acteurs de leurs connaissances.

Ces pistes sont minimes et sûrement déjà appliquées par de nombreux collègues mais elles restent intéressantes. Ainsi, plus globalement, on pourra :

  • faire visionner des documentaires ou films ;
  • donner des recherches documentaires courtes (biographies, événements historiques…) ;
  • donner à lire des textes courts (lecture cursive ou extraits choisis) permettant de mettre en avant les interceptes (références mythologiques ou bibliques, références littéraires…) ;
  • imprimer des imagiers (cf. les sites de FLE) afin de franchir certaines barrières visuelles thématiques ;
  • regarder fréquemment les documentaires/séries/films qui passent à la télévision et qui peuvent être intéressants pour les élèves ;
  • inviter les élèves et leur famille à se rendre au cinéma/à une exposition…
  • leur faire écouter régulièrement des textes audio (youtube/ site : litteratureaudio.com)

Comprendre, analyser et interpréter un texte

Voici une affiche qui peut être distribuée aux élèves ou affichée en classe. Elle permet aux élèves de comprendre un texte tant au niveau explicite qu’au niveau implicite. Les lecteurs de faible niveau se contenteront de la première partie, à réaliser sérieusement et en s’appuyant sur le texte pour chacune de leur remarque, tandis que les lecteurs plus experts mettront en lien les deux parties (en justifiant, bien évidemment).

Cette affiche permet de se passer des questionnaires de lecture. Les élèves peuvent ainsi se confronter seuls aux textes et tenter de les analyser en organisant les éléments relevés sous forme de paragraphes.

Enseigner l’accord du participe passé avec “avoir”

J’ai récemment pris connaissance de la méthode Wilmet, une méthode permettant d’enseigner très rapidement (en moins de cinq minutes) l’accord du participe passé avec “avoir”. Cela est intéressant car on se passe du vocabulaire technique et des explications complexes. Avec cette méthode, les élèves n’ont pas besoin de maîtriser la notion de COD.

Consulter la méthode Wilmet

Le geste d’écriture au collège

Il y a quelques mois, j’ai suivi un stage d’aide personnalisée en écriture (plus d’informations sur le site Écriture Paris). La raison de ma participation à ce stage ? Le constat que les élèves tiennent mal leur stylo, écrivent comme des cochons, ne savent pas former les lettres et écrivent lentement. Ce qui m’avait motivé à participer au stage, c’était la lecture d’une série d’articles intitulés : “Quand est-ce que l’écriture de nos élèves est devenue aussi catastrophique et pourquoi ?“.

Je souhaitais donc acquérir des outils me permettant d’aider, comme je peux, certains élèves à améliorer leur écriture. Certes, avec une classe entière, cela est compliqué mais si je pouvais aider certains élèves à devenir lisibles et à ne plus avoir mal, ce serait déjà gagné.

L’écriture : une posture à adopter

Ah oui, un des premiers points évoqués : demander aux élèves si, quand ils écrivent, ils ont mal. Si tel est le cas, ce n’est pas normal. Écrire ne fait pas mal. Le dire aux élèves et le leur faire remarquer entraîne des réactions. Nombreux étaient ceux qui ne comprenaient pas : “Oui, mais on m’a appris comme ça…”. Alors oui, on leur apprend tant bien que mal car les ESPE ne jugent pas nécessaire la formation des professeurs des écoles au geste d’écriture (voir la vidéo d’Yvette Aboukrat, rééducatrice en écriture). Avec mes classes, j’ai donc pris le temps de leur expliquer, pendant presque une heure, la tenue du stylo qu’ils devaient avoir, le type de stylo qu’ils devaient posséder (pour poser plus facilement les doigts), les exercices de “gymnastique” qu’ils devaient réaliser pour assouplir et puis, plus simplement leur posture (le dos droit, aligné à sa table, les pieds posés au sol, la feuille dans l’axe du bras…). Ensuite, de manière régulière, pendant tous les autres cours, je leur répétais, quand je jugeais cela nécessaire les postures qu’ils devaient adopter. Tous n’étaient pas prêts à adopter l’ensemble des règles (surtout la tenue du stylo) : il est difficile de changer de posture et de geste après quelques années de mauvaise pratique.

Mais certains montraient de la bonne volonté et une cohésion était créée dans certains cours : les élèves se rappelaient de bien tenir le stylo, d’avoir une posture correcte. Cela était déjà un point de gagné. Cela se ressentait dans les postures des élèves et dans leur rapport aux leçons et dans la propreté accordée à la copie.

J’ai alors créé un petit groupe de soutien (4/5 élèves) pour travailler tous les points évoqués de manière plus poussée (en insistant sur le geste et la fluidité). Pour les aider, je travaillais avec le cahier de remédiation (école et collège) de Danièle Dumont. Les efforts furent constants et les résultats encourageants. En AP ou en atelier, ces cours peuvent aider.

En bref, concernant la posture :

 

L’écriture, un acte qui fait sens : lier écriture et lecture

Un des points qui m’a marqué pendant la formation était la verbalisation, la conscientisation de l’écriture. La plupart des élèves ne savent pas ce qu’ils écrivent. Généralement, ils copient une lettre, l’image d’un mot mais pas un sens. J’ai fait le test avec un petit groupe : recopier 3 phrases simples du tableau et cacher aussitôt ce qui a été copié. Sur le groupe de mes 5 élèves, seule une a su dire ce dont il était questions dans les 3 phrases. En effet, l’élève avait lu les phrases avant de les copier. L’acte d’écriture était donc un acte donnant du sens. C’est un acte important qui manque de nos jours. Cette astuce, donnée ensuite à tous élèves, a permis une meilleure mémorisation du cours et un acte d’écriture plus rapide. En sachant ce qu’ils écrivent, ils copient du sens. En ayant conscience de ce qu’ils copient, ils évitent aussi certaines fautes d’orthographe. Ce même conseil s’applique aussi de la relecture de leurs travaux écrits. Lire à haute voix permet de prendre conscience de ce qu’on a écrit, d’entendre si des mots manquent, si ce qui est écrit a du sens. Les élèves dys (et les autres) font ainsi moins d’erreurs en lisant ce qu’ils ont écrit. En tout cas, il est primordial de lier apprentissage de la lecture et de l’écriture tout au long de la scolarité des élèves.

Un article de Danièle Dumont sur la verbalisation de l’écriture du prénom (intéressant pour la mise en avant des différentes mémoires).

Le professeur, un modèle à suivre

Bien évidemment, si on veut que les élèves appliquent nos recommandations, il faut s’y tenir nous aussi, professeurs. Nous adopterons ainsi un geste adéquat et des lettres bien formées. Cela passe aussi par l’écriture au tableau comme l’explique Laurence Pierson sur son site. Si au collège, il est parfois difficile de tenir un tel tableau, nous pouvons télécharger, depuis peu, la police cursive de Danièle Dumont. L’avantage de cette police ? Elle offre les mêmes caractéristiques de liaison entre les lettres que l’écriture manuscrite, elle montrera l’exemple aux élèves et leur permettra de saisir d’emblée, sans pour autant s’y attarder, l’existence de petites variations qui, lui donnant de la fluidité, font la vie d’une écriture. Cela leur facilitera la tâche.

Un affichage dans sa classe de l’alphabet selon le geste Dumont est également possible. Cela permet de donner un modèle sous les yeux et de rappeler à nos collégiens l’alphabet, souvent peu maîtrisé. Le site http://www.lutinbazar.fr propose, fait main, une réglette d’écriture selon la méthode Dumont que l’on peut imprimer en A3. Consultez aussi l’affichage des majuscules.

Un été avec Homère

France Inter propose de passer l’été 2017 avec Homère. Cela est une belle occasion pour redécouvrir un classique de la littérature européenne et un des premiers textes fondateurs de notre culture.

Les étudiants en CPGE auront également des éléments de travail pour leur thème 2017 : “L’aventure”.

  1. Le mystère de la beauté pure
  2. L’Odyssée, le poème du retour
  3. L’Iliade, le chant du destin
  4. La géographie payenne
  5. La fabrique du héros grec
  6. Est-on libre de sa destinée ?
  7. Les Chiennes de la démesure
  8. La guerre, notre mère…