De la lecture analytique au collège

Au collège, le but d’une lecture analytique est d’abord de comprendre puis, petit à petit, d’expliquer. Le texte contient en lui les éléments d’explications littérales qui serviront à la compréhension et à l’analyse (plus ou moins poussée selon les classes et le niveau).

Les éléments d’interprétation littéraire devraient normalement se diriger vers les points suivants :

1. L’apprentissage du texte et sa récitation ou sa lecture expressive.

Pour ce premier point, le texte doit être lu et relu, presque connu par cœur. Une première lecture silencieuse permet de prendre contact avec le texte sans être contaminé par un autre lecteur et un autre regard. La seconde lecture, réalisée par le professeur, éclaire les élèves au niveau du sens : il s’agit ici d’une lecture expressive. Généralement, je fais résumer le texte aux élèves. Si le texte est long et/ou difficile, ils ont quelques minutes à l’écrit pour le faire. S’il est court et/ou accessible, nous procédons à un résumé oral. A partir de ces informations résumées et de leurs impressions de lecture, nous cherchons à comprendre quels sont les éléments textuels qui leur ont permis d’exprimer tel ou tel point.

Le travail essentiel donné à la maison est de relire le texte. Les analyses et compréhensions sont rédigées sous forme d’une synthèse à la fin de la lecture analytique. La pratique du texte et son apprentissage dominent.

Nous éviterons que le texte devienne un prétexte à la langue et qu’il ne soit plus étudier pour lui-même. Quand on étudie un texte, on laisse tomber la grammaire. En quoi est-ce utile d’étudier un texte pour en signaler uniquement la présence d’un passé simple, d’un imparfait ou d’expansions du nom ? A cela, nous privilégierons la compréhension et le sens du texte. Bien évidemment, nous parlerons du vocabulaire, des mots nouveaux qui enrichiront la langue. La syntaxe des phrases qui posent souvent problème sera expliquée également. Les points de langue peuvent être abordés non pas pour eux-mêmes mais pour être au service du sens.

Quant aux moyens stylistiques, on pourra les étudier sans aller trop loin. On sera particulièrement attentif aux rythmes, aux sons, à l’implicite, etc. Pour introduire ces notions, il peut être judicieux de commencer l’année par l’étude de la poésie qui obligent les élèves à prendre de bonnes habitudes tant sur le fond que la forme dès le début d’année.

Nous n’oublierons pas non plus que les textes sont prétextes à réfléchir sur le monde. La littérature, depuis qu’elle existe, parle profondément à toutes les époques. Ainsi, les contes, mythes et récits fondateurs en 6e seront étudiés dans cette optique. Il en va de même pour le reste du programme.

La compréhension du texte peut être évaluée en fin de séance par une lecture expressive du texte par les élèves.

2. L’imitation dans les expressions écrites

Pour être sûr que les textes d’un même chapitre ont été compris, un sujet d’expression écrite sera proposé. Il sonnera comme un bilan des lectures analytiques. Pour cela, on incitera les élèves à exploiter :

  • le vocabulaire (souvent thématique et lié au chapitre) ;
  • des figures de style ;
  • des formes littéraires (par exemple, pour la poésie, une forme fixe étudiée en classe) ;
  • des effets sonores ;
  • des effets de rythme ;
  • quelques points de grammaire en lien avec le sens ;
  • etc.

Cette phase d’imitatio est souvent plus parlante qu’une évaluation finale. En effet, les résultats sont souvent étonnants et les réalisations montrent que les élèves ont acquis (ou non) les points essentiels liés au chapitre. L’imitation est plus concrète pour la majorité des élèves que la récitation d’une leçon souvent trop abstraite (même si primordiale). Ainsi, ils mettent en avant des notions sans vraiment s’en rendre compte.

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