De l’importance de l’analyse grammaticale

De l’importance de l’analyse grammaticale

La grammaire est bien souvent malmenée au collège et ce pour des raisons que nous n’évoquerons pas ici. Les études de textes sont bien souvent considérées comme une matière noble qui montre que l’élève a compris le texte.

Cécile Réveret précise qu’ « un élève qui a su faire son analyse est celui qui sait répondre aux questions de « compréhension » qui lui sont posées. À l’inverse, celui qui a fait une analyse erronée prouve, quelques questions plus loin, qu’il n’a rien compris au texte.

L’analyse est donc le témoin de la compréhension des textes. Et avant d’en être le témoin, elle en est le moyen. En effet, en cherchant une fonction, bien souvent, l’élève est amené à comprendre ce qu’il n’avait pas saisi au premier abord. »

La grammaire relève d’une certaine rigueur, quasi scientifique. Elle obéit à des règles et à une certaine logique. Pour réussir en grammaire, rien ne vaut l’entraînement régulier et un travail rigoureux sur l’analyse grammaticale.

J’ai aimé la grammaire et ai compris sa logique en classe de 5e, dès ma découverte du latin. Mon professeur, pour les versions et les thèmes, nous faisait analyser la nature et la fonction de chaque mot. Je crois que la minutie et la réflexion (et non la précipitation comme nous avons l’habitude de le faire dans notre métier) sont les points essentiels à la progression en grammaire.

Revenons à un point intéressant qu’il faudrait faire pratiquer aux élèves de collège le plus tôt possible, avec les connaissances qu’ils possèdent : l’analyse grammaticale.

Analyser, c’est décomposer. L’analyse grammaticale consiste à identifier la nature et la fonction des différents mots ou groupes de mots qui composent une phrase. À cela, j’ajoute l’identification du genre et du nombre afin que les élèves puissent régir les accords nécessaires. Il s’agit donc de comprendre la construction d’une phrase pour mieux en saisir le sens.

Voici comment peut se décomposer l’analyse grammaticale du mot « pomme » :

Pomme       nature : nom commun

genre : féminin

nombre : singulier

fonction : complément d’objet direct du verbe « mange »

Travailler sur la nature d’un mot c’est donner un nom aux mots qu’on utilise. La nature d’un mot est indiquée dans un dictionnaire. En repérant la classe grammaticale d’un mot, nous pouvons réviser les règles d’accord, les spécificités morphologiques et syntaxiques de la nature. C’est un travail en amont qui va permettre de préparer le travail sur les fonctions.

Le travail sur le genre et le nombre force les élèves à réfléchir sur les accords et permet également de voir, en partie, les autres mots régis par les accords et donc de repérer les groupes de mots.

Repérer les groupes de mots est l’étape qui suit. Il faut repérer les mots qui sont fortement liés les uns aux autres et qui jouent un rôle, une fonction ensemble dans la phrase. Pour cela, il est indispensable de repérer le noyau de chaque groupe de mots. Bien sûr, cette étape s’organise après avoir repéré le(s) verbe(s) de chaque phrase. Personnellement, je les fais encadrer en rouge. Cette méthode rappelle souvent celle des versions latines où l’on demande aux étudiants de repérer les verbes avant d’analyser les autres mots.

Ces exercices doivent être faits régulièrement. Ils peuvent être donnés après une dictée, lors du rituel de la phrase du jour, instauré par certains collègues, une fois par mois lors d’une séance dédiée. Les connaissances des élèves sont ainsi mobilisées régulièrement, ils révisent les notions déjà vues et mettent en avant les nouvelles. L’aspect mécanique de la méthode peut rassurer les élèves. La grammaire est une gymnastique de l’esprit qu’ils doivent entretenir le plus possible.

Cette méthode d’analyse grammaticale repose sur un repérage précis des mots. Il force les élèves à analyser les phrases, à ne pas passer à côté du sens de celles-ci, à voir quels mots interagissent avec quels autres. Nous formons ainsi des élèves qui réfléchissent, qui analysent et qui comprennent le sens des textes, leur enchaînement logique. Nous formons ainsi des lecteurs.

En lien direct avec cette réflexion, vous pouvez lire le merveilleux article de Cécile Revéret : Comment faire apprécier la grammaire ? Comment rendre cette matière limpide, agréable, efficace ?

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