Paul Veyne : Quand notre monde est devenu chrétien (312-394)

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Présentation du livre sur le site de l’INA : C’est le livre de bonne foi d’un incroyant qui cherche à comprendre comment le christianisme, ce chef-d’oeuvre de création religieuse, a pu, entre 300 et 400, s’imposer à tout l’Occident. À sa manière inimitable, érudite et impertinente, Paul VEYNE retient trois raisons. Un empereur romain, Constantin, maître de cet Occident, converti sincèrement au christianisme, veut christianiser le monde pour le sauver. Il s’est converti parce qu’à ce grand empereur il fallait une grande religion. Or, face aux dieux païens, le christianisme, bien que secte très minoritaire, était la religion d’avant-garde qui ne ressemblait à rien de connu.Constantin s’est borné à aider les chrétiens à mettre en place leur Eglise, ce réseau d’évêchés tissé sur l’immense empire romain. Lentement, avec docilité, les foules païennes se sont fait un christianisme à elles. Cette christianisation de cent millions de personnes n’a pas fait de martyrs. Au passage, Paul VEYNE évoque d’autres questions : d’où vient le monothéisme ? Faut-il parler ici d’idéologie ? La religion a-t-elle des racines psychologiques ? Avons-nous des origines chrétiennes ?

L’étude de la Bible, en classe de 6e, est importante. Livre le plus vendu de tous les temps, il permet de comprendre notre civilisation, la littérature, l’architecture, la peinture, etc. La Bible est souvent mise sur le même plan que les mythes grecs et latins. Or, le rapport entre Dieu et les hommes est nouveau et va bien plus loin que le rapport qu’entretenaient les dieux païens et les hommes. Paul Veyne, dans Comment notre monde est devenu chrétien, explique :

L’originalité du christianisme n’est pas son prétendu monothéisme, mais le gigantisme de son dieu, créateur du ciel et de la terre, gigantisme étranger aux dieux païens et hérité du dieu biblique ; celui-ci est si grand qu’en dépit de son anthropomorphisme (l’homme a pu être fait à son image) il a pu devenir un dieu métaphysique : tout en conservant son caractère humain, vivant, passionné, protecteur, le gigantisme du dieu judaïque lui permettra un jour d’assumer le rôle de fondement et d’auteur de l’ordre cosmique et du Bien, rôle que jouait le dieu suprême dans le pâle déisme des philosophes grecs. […] Avec la divinité chrétienne, l’inventivité religieuse s’est arrachée d’un coup d’aile au sol de l’imagination narratrice, cette fabulatrice intarissable et donc polythéiste ; elle s’est haussée à un niveau transcendant : les figures plurielles du christianisme sont réunies en un ordre cosmique qui, lui, est un.

L’ouvrage de Paul Veyne explique l’importance de la Bible et de son histoire au niveau historique, de 312 à 394, avec la conversion de Constantin. Il permet également de bien comprendre le changement qui s’est opéré entre les mythes gréco-latins et le mythe biblique. S’il est avéré que la Bible s’inspire des mythes précédents, elle les transcende par son aspect littéraire et philosophique. C’est donc l’aspect singulier de la Bible qui doit être mis en avant dans l’étude de ce texte fondateur. Nous pensons notamment à la parole performative et à la toute-puissance divine.

Pour aller plus loin, vous pouvez écouter la conférence de Paul Veyne donnée à la Bibliothèque municipale de Lyon :

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