Le geste d’écriture au collège

Il y a quelques mois, j’ai suivi un stage d’aide personnalisée en écriture (plus d’informations sur le site Écriture Paris). La raison de ma participation à ce stage ? Le constat que les élèves tiennent mal leur stylo, écrivent comme des cochons, ne savent pas former les lettres et écrivent lentement. Ce qui m’avait motivé à participer au stage, c’était la lecture d’une série d’articles intitulés : “Quand est-ce que l’écriture de nos élèves est devenue aussi catastrophique et pourquoi ?“.

Je souhaitais donc acquérir des outils me permettant d’aider, comme je peux, certains élèves à améliorer leur écriture. Certes, avec une classe entière, cela est compliqué mais si je pouvais aider certains élèves à devenir lisibles et à ne plus avoir mal, ce serait déjà gagné.

L’écriture : une posture à adopter

Ah oui, un des premiers points évoqués : demander aux élèves si, quand ils écrivent, ils ont mal. Si tel est le cas, ce n’est pas normal. Écrire ne fait pas mal. Le dire aux élèves et le leur faire remarquer entraîne des réactions. Nombreux étaient ceux qui ne comprenaient pas : “Oui, mais on m’a appris comme ça…”. Alors oui, on leur apprend tant bien que mal car les ESPE ne jugent pas nécessaire la formation des professeurs des écoles au geste d’écriture (voir la vidéo d’Yvette Aboukrat, rééducatrice en écriture). Avec mes classes, j’ai donc pris le temps de leur expliquer, pendant presque une heure, la tenue du stylo qu’ils devaient avoir, le type de stylo qu’ils devaient posséder (pour poser plus facilement les doigts), les exercices de “gymnastique” qu’ils devaient réaliser pour assouplir et puis, plus simplement leur posture (le dos droit, aligné à sa table, les pieds posés au sol, la feuille dans l’axe du bras…). Ensuite, de manière régulière, pendant tous les autres cours, je leur répétais, quand je jugeais cela nécessaire les postures qu’ils devaient adopter. Tous n’étaient pas prêts à adopter l’ensemble des règles (surtout la tenue du stylo) : il est difficile de changer de posture et de geste après quelques années de mauvaise pratique.

Mais certains montraient de la bonne volonté et une cohésion était créée dans certains cours : les élèves se rappelaient de bien tenir le stylo, d’avoir une posture correcte. Cela était déjà un point de gagné. Cela se ressentait dans les postures des élèves et dans leur rapport aux leçons et dans la propreté accordée à la copie.

J’ai alors créé un petit groupe de soutien (4/5 élèves) pour travailler tous les points évoqués de manière plus poussée (en insistant sur le geste et la fluidité). Pour les aider, je travaillais avec le cahier de remédiation (école et collège) de Danièle Dumont. Les efforts furent constants et les résultats encourageants. En AP ou en atelier, ces cours peuvent aider.

En bref, concernant la posture :

 

L’écriture, un acte qui fait sens : lier écriture et lecture

Un des points qui m’a marqué pendant la formation était la verbalisation, la conscientisation de l’écriture. La plupart des élèves ne savent pas ce qu’ils écrivent. Généralement, ils copient une lettre, l’image d’un mot mais pas un sens. J’ai fait le test avec un petit groupe : recopier 3 phrases simples du tableau et cacher aussitôt ce qui a été copié. Sur le groupe de mes 5 élèves, seule une a su dire ce dont il était questions dans les 3 phrases. En effet, l’élève avait lu les phrases avant de les copier. L’acte d’écriture était donc un acte donnant du sens. C’est un acte important qui manque de nos jours. Cette astuce, donnée ensuite à tous élèves, a permis une meilleure mémorisation du cours et un acte d’écriture plus rapide. En sachant ce qu’ils écrivent, ils copient du sens. En ayant conscience de ce qu’ils copient, ils évitent aussi certaines fautes d’orthographe. Ce même conseil s’applique aussi de la relecture de leurs travaux écrits. Lire à haute voix permet de prendre conscience de ce qu’on a écrit, d’entendre si des mots manquent, si ce qui est écrit a du sens. Les élèves dys (et les autres) font ainsi moins d’erreurs en lisant ce qu’ils ont écrit. En tout cas, il est primordial de lier apprentissage de la lecture et de l’écriture tout au long de la scolarité des élèves.

Un article de Danièle Dumont sur la verbalisation de l’écriture du prénom (intéressant pour la mise en avant des différentes mémoires).

Le professeur, un modèle à suivre

Bien évidemment, si on veut que les élèves appliquent nos recommandations, il faut s’y tenir nous aussi, professeurs. Nous adopterons ainsi un geste adéquat et des lettres bien formées. Cela passe aussi par l’écriture au tableau comme l’explique Laurence Pierson sur son site. Si au collège, il est parfois difficile de tenir un tel tableau, nous pouvons télécharger, depuis peu, la police cursive de Danièle Dumont. L’avantage de cette police ? Elle offre les mêmes caractéristiques de liaison entre les lettres que l’écriture manuscrite, elle montrera l’exemple aux élèves et leur permettra de saisir d’emblée, sans pour autant s’y attarder, l’existence de petites variations qui, lui donnant de la fluidité, font la vie d’une écriture. Cela leur facilitera la tâche.

Un affichage dans sa classe de l’alphabet selon le geste Dumont est également possible. Cela permet de donner un modèle sous les yeux et de rappeler à nos collégiens l’alphabet, souvent peu maîtrisé. Le site http://www.lutinbazar.fr propose, fait main, une réglette d’écriture selon la méthode Dumont que l’on peut imprimer en A3. Consultez aussi l’affichage des majuscules.

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