Analyse – La naissance de Gargantua (chapitre 6)

Une naissance carnavalesque

  • Contexte de beuverie ;
  • Eléments carnavalesques : la boisson, la scatologie (relâchement des intestins de Gargamelle, “intestin” est ensuite repris sous le terme “boyau du cul”), la grivoiserie (Gargamelle, en mal d’enfantement, veut couper le membre de son mari) ;
  • Une confusion des domaines : précisions médicales pour évoquer le parcours du bébé qui contrastent avec l’invraisemblance de sa naissance (le savoir humaniste est au service du burlesque) ; références hétéroclites (saintes écritures, mythologie et folklore populaire).

Le carnavalesque et le burlesque n’en restent pas moins réalistes et représentent la société médiévale. Pour cela, nous nous référons aux oeuvres de Brueghel l’Ancien :

Un héros parodique

  • mélange de touches réalistes et merveilleuses ;
  • le réalisme : la Sausaie, les sages-femmes, le milieu ambiant ;
  • le merveilleux : la naissance, le géant –> par ce fait, Gargantua rejoint, de manière parodique, la lignée des héros épiques. (cf. représentation du cycle Lancelot du Lac sur le site des Lettres volées)
  • un héros : fils du roi Grandgousier ; est doté de la parole à la naissance.

Une réflexion sur la foi

  • nombreuses digressions du narrateur qui s’adresse aux lecteurs de crainte de ne pas être cru. Réflexion proposée sur la foi à partir de plusieurs pistes.
  • Proposition d’une justification à la naissance merveilleuse : “un homme de bon sens croit toujours ce qui est écrit dans les livres”. À cela, sont ajoutées des paroles saintes qui sont mises à égalité avec la mythologie et les croyances populaires. Ainsi, la critique implicite de la foi commence.
  • La Sorbonne, à l’époque, pensait que la foi était une affaire de crédulité. Rabelais, par son discours, met en avant leur ignorance : pourquoi ne pas croire n’importe qui tant que cela est écrit ?! Une réflexion sur les saintes écritures est amenée et sera poussée jusqu’à la fin du roman.