Sujets de réflexion à l’usage des classes de 3e

MAJ : 14/03/2016

Cette année, avec ma classe de 3e, je pratique peu les sujets d’invention qui consistent à raconter stricto sensu une histoire (les récits des élèves ne sont pas souvent intéressants) ou à rédiger un dialogue (où de nombreuses parties seront inutiles et n’amèneront à aucune progression narrative).

J’ai décidé d’axer l’écriture des 3e sur la réflexion. Cela leur demande d’activer leurs connaissances, de les regrouper et de les structurer. Au début, c’est difficile mais, petit à petit, ils y arrivent et leurs idées sont exprimées plus clairement.

Nous pouvons ensuite, après avoir structuré les pensées, proposer à nouveau des sujets d’invention. Le style sera normalement différent et les élèves auront tendance à aller à l’essentiel, à faire attention à l’enchaînement des actions et des idées. Vous pouvez privilégier des sujets qui mêlent invention et argumentation : c’est ce que nous retrouvons régulièrement lors des sujets écrits des EAF.

Je vous propose un florilège de sujets de réflexions trouvés sur internet, inventés, ou extraits d’annales de Brevet des collèges.

  • Vous réjouissez-vous de grandir ? Développez votre point de vue.
  • « Longtemps j’ai pris ma plume pour une épée ; à présent, je connais notre impuissance. N’importe : je fais, je ferai des livres ; il en faut, cela sert tout de même. » – Jean-Paul Sartre, citation de son œuvre autobiographique Les Mots.
    En vous appuyant sur vos connaissances personnelles, vos lectures, les films que vous avez vus, vous rédigerez un texte dans lequel vous expliquerez pour quelles raisons il est important que des artistes (poètes, romanciers, peintres, réalisateurs, chanteurs) soient engagés et vous préciserez quels combats ils ont menés, quels messages ils ont désiré transmettre.
  • Pensez-vous qu’il soit préférable de laisser les enfants vivre toutes les expériences qui les tentent, ou au contraire qu’il est nécessaire de poser des limites à leurs envies ? Vous donnerez votre réponse dans un développement argumenté et organisé.
  • Certains sont favorables au travail des jeunes pendant les vacances, d’autres le refusent. Vous exposerez les arguments des uns et des autres et présenterez votre propre point de vue.
  • A la suite de cette catastrophe, un membre d’une association humanitaire s’adresse aux téléspectateurs pour les convaincre de venir en aide aux survivants. Rédigez le texte de cette intervention qui, tout en faisant appel à la solidarité, démontrera, de façon argumentée, la nécessité d’une solidarité.
  • Vous écrivez à Julien pour lui confier votre projet de vie professionnelle. Vous lui exposez les raisons de votre choix. Puis, vous lui dites ce que vous comptez entreprendre pour y parvenir.
  • Lire, c’est frémir un peu de plaisir, d’impatience, éprouver des émotions (joie, peine, peur…). Partagez-vous cette opinion ? Pourquoi ?
  • La lecture des livres peut sembler démodée à un adolescent d’aujourd’hui qui dispose de la télévision, des jeux électroniques, des cédéroms, etc. Vous montrerez d’abord en quoi ces « outils » sont attirants. Vous vous demanderez ensuite si la lecture d’un livre ne conserve pas des charmes irremplaçables. Votre argumentation devra être organisée et illustrée d’exemples précis.
  • Dans un texte d’une vingtaine de lignes, illustré d’exemples précis, vous expliquerez pourquoi le public aime toujours les histoires de monstres ou d’animaux fabuleux. Partagez-vous ce goût ? Pourquoi ?
  • La télévision est aujourd’hui présente dans presque tous les foyers. D’après vous, qu’apporte-t-elle aux téléspectateurs ? Ne présente-t-elle pas aussi certains dangers ?
  • La musique est habituellement considérée comme source de plaisir, occasion de communication ou même de communion. Qu’en pensez-vous ? Vous organiserez votre réflexion autour d’exemples précis.
  • Robinson « en avait assez depuis longtemps de cette organisation ennuyeuse et tracassière ».
    Parmi les règles que l’on vous demande d’observer dans la vie quotidienne (par exemple à l’école, à la maison, dans la rue…), lesquelles vous semblent nécessaires ? Lesquelles aimeriez-vous modifier ? Citez au moins deux règles nécessaires. Pourquoi vous semblent-elles incontournables ? Citez au moins deux règles à modifier. Pourquoi voudriez-vous les changer ?
  • Vous avez déjà éprouvé une passion pour une personne, un lieu, un objet ou une activité. Après avoir brièvement présenté cette passion, les circonstances qui l’ont fait naître ou dans lesquelles vous l’avez éprouvée, vous dire ce qu’elle vous a apporté et ce qu’elle vous a peut-être aussi coûté.
  • Pour vous, qu’est-ce qui fait qu’un homme devient un héros ? Que doit-il défendre
  • Selon vous, qu’est-ce que le tourisme ou les voyages peuvent vous apporter ?
  • Le narrateur se souvient des années passées dans un camp de prisonniers en Allemagne, des hommes qui ont vécu cette terrible épreuve. Pensez-vous que de tels récits soient utiles aux lecteurs, aux générations qui suivent ?
  • Pourquoi lire ? Quelles émotions ressentons-nous en suivant les aventures des héros de romans ?
  • Le monde d’aujourd’hui laisse-t-il encore place, selon vous, à un ailleurs qui fasse rêver ?
  • Les bêtises sont-elles toujours des actes de provocation ?

N’hésitez pas à proposer des sujets de réflexion en commentaires. Ceux-ci viendront s’adjoindre à ceux déjà proposés.

Carte heuristique des propositions

Afin que l’apprentissage des propositions soient plus simples et visuels, nous pouvons donner cette carte heuristique aux élèves ou leur faire réaliser. Pour ma part, je l’ai réalisée avec le logiciel libre Freemind.

Cette carte peut être utilisée pendant les exercices : ils ont un schéma clair et synthétique auquel ils peuvent se rapporter rapidement. Pour l’apprentissage des leçons, ils peuvent également s’en servir. Ils visualiseront mieux dans quelle “partie” se situe telle ou telle autre proposition.

carte propositions

Jorge Semprun : L’écriture ravive la mémoire

Guerre, camps, Shoah : l’art contre l’oubli ?

À la suite du rapport de la commission Mattéoli sur la spoliation des Juifs de France pendant la Seconde Guerre mondiale, Lionel Jospin a décidé de créer une Fondation pour la mémoire. Les études menées pour la mission ont apporté de nouveaux éléments sur l’histoire de la déportation et de l’extermination. Celles-ci, Auschwitz. Raymond Depardon, 1979. ©Magnum à mesure qu’elles s’éloignent dans le temps, sont devenues non seulement objet d’histoire et de témoignages, mais aussi thèmes de fictions littéraires ou cinématographiques.

Peut-on admettre ce mélange entre l’art et le souvenir? Jorge Semprun, lui-même ancien déporté, estime que rien de l’expérience des camps nazis ou staliniens n’est indicible: loin d’être abusive, la littérature peut être, si l’on ne triche pas, un soutien essentiel de la mémoire. Il parle des processus de mémoire et de reconstruction qui ont commandé son écriture. Claude Lanzmann, pris à partie par Semprun (“certains font de l’Holocauste un tabou”), lui répond en précisant l’esprit qui a guidé la fabrication de Shoah: “regarder en face l’horreur”.

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Jorge Semprun : L’écriture ravive la mémoire

Les camps – de déportation ou d’extermination – hantent non seulement la mémoire mais l’imagination des écrivains et des cinéastes. Au cinéma, après La Liste de Schindler de Steven Spielberg, on a pu voir une comédieLa vie est belle, qui traite les camps sur le mode de la fable. Faire de la déportation, et surtout de la Shoah, un thème et un exercice littéraire, n’est-ce pas en effacer l’horreur et en réduire la spécificité ? Jorge Semprun a été déporté à Buchenwald, du début de 1944 à la libération du camp en avril 1945, et son premier récit, Le Grand Voyage, mêlait aux souvenirs des personnages imaginaires.

Le Monde des Débats: Peut-on faire de la littérature et de la fiction avec les camps, avec l’Holocauste ?

Jorge Semprun: La question va se poser de plus en plus, parce qu’avec le temps, il y aura de moins en moins de témoignages directs possibles. Même les jeunes Juifs déportés à l’âge de 10 ou 15 ans vont bientôt disparaître. Nous arrivons à la fin de l’époque de la mémoire. Et si l’on continue à écrire sur les camps, sur la déportation, ce sera de plus en plus sous forme de fiction. C’est normal et c’est logique. Les historiens en feront la critique en comparant aux témoignages, aux documents. Ce sera comme les fictions sur la guerre de Trente ans ou comme L’Iliade ou L’Odyssée sur la guerre de Troie. Il y a même des chances que cela devienne une sorte de petit “genre” littéraire.

William Styron, dans Le Choix de Sophie, a déjà fait un usage littéraire de la déportation. Il a pris là un risque énorme. Je n’ai pas supporté, physiquement, la reconstitution qu’il fait de la vie du camp. Non que le roman fût mauvais, bête ou méchant. Mais il voulait être réaliste, car a priori, on n’imagine pas faire autrement. Le film qu’on en a tiré passait mieux, parce que, contrairement à ce que l’on croit, l’image est moins forte que l’écrit.

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Littérature de la Shoah – Bibliographie

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Antelme Robert, L’Espèce humaine, 1947.

Gary Romain, L’angoisse du roi Salomon, Gallimard, 1979.

Gary Romain, La vie devant soi, Gallimard, 1975.

Langfus Anna, Les Bagages de sable, Gallimard, 1962.

Langfus Anna, Le Sel et le Soufre, Gallimard, 1960.

Levi Primo, La trêve, Grasset, coll. “Les cahiers rouges”, 1966, 1988.

Levi Primo, Le devoir de Mémoire, éd. Mille et une nuits, 1995.

Levi Primo, Les naufragés et les rescapés. Quarante ans après Auschwitz, Gallimard, 1989.

Levi Primo, Si c’est un homme, Robert Laffont, 1ère éd. 1987, 1996.

Merle Robert, La Mort est mon métier, 1952.

Modiano Patrick, Dora Bruder, Gallimard, coll. “Blanche”, 1997.

Perec Georges, La Disparition, Denoël, 1969.

Perec Georges, Les Revenentes, 1972.

Wiesel Elie, L’Aube, éditions du Seuil, 1960.

Wiesel Elie, Le Jour, éditions du Seuil, 1961.

Wiesel Elie, La Nuit, Les Editions de Minuit, 1958 ; réédition en 2007 avec une nouvelle préface d’Elie Wiesel.

Apprendre les conjugaisons en classe de 3e

Je proposais récemment un tableau de conjugaison à destination des élèves de 3e. Cependant, apprendre passivement quelques verbes ne sert à rien. Il faut mettre en place plusieurs activités permettant aux élèves de comprendre le fonctionnement des conjugaisons.

Après avoir étudié les temps et modes avec ma classe de 3e (et ce n’est  censé être pour eux, généralement, que des révisions), après avoir fait des exercices d’application de règles, d’accords, de repérages, j’ai donné une fiche de révision qui leur permet de chercher des verbes sur des sites (le conjugueur du Bescherelle, par exemple) ou dans des manuels (qu’ils n’ont pas tous).

Je m’étais très fortement inspiré d’une autre fiche proposée par un(e) collègue. Elle permet de conjuguer aux modes et temps principaux des verbes. Les fiches sont vérifiées de temps en  temps par le professeur. Cela permet aux élèves de lire une conjugaison, de la réécrire et ainsi de la mémoriser plus facilement. Une pochette dédiée aux conjugaisons est créée pour une meilleure organisation.

En parallèle, pratiquez des dictées et des petits exercices qui permettent de réinvestir les connaissances des élèves.

Fiche de révision pour la conjugaison d’un verbe

Les procédés littéraires

Nous proposons aujourd’hui un fichier résumant les principaux procédés littéraires à connaître en classe de 3ème. Le document organise les procédés en trois catégories : les figures de style, la grammaire et le lexique. Ce sont les trois principaux points que les élèves doivent regarder pour analyser un texte.

En donnant cette feuille aux élèves, nous leur rappelons, évidemment, que les procédés littéraires ne sont que des outils qui permettent de justifier un effet qu’ils ont ressenti au cours de la lecture.

Les élèves qui sont hermétiques aux textes pourront partir des procédés pour mieux comprendre le texte. Ils les regrouperont dans le but de former des idées générales.

Pour que les élèves sachent repérer et interpréter les procédés, il faut qu’ils pratiquent les textes littéraires, qu’ils lisent, qu’ils apprennent à argumenter. Cette maîtrise technique peut passer par l’étude de la poésie riche en style, en effets.

Quant aux exercices purs sur le relevé des procédés sans interprétation, nous les bannirons. Privilégiez des exercices de relevés qui demandent, en plus, une interprétation. Il faut que les élèves comprennent, le plus tôt au collège, que le texte est riche et qu’il n’est pas seulement un amas de points techniques dépourvus de sens.

Les procédés littéraires [PDF]