Paul Veyne : Quand notre monde est devenu chrétien (312-394)

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Présentation du livre sur le site de l’INA : C’est le livre de bonne foi d’un incroyant qui cherche à comprendre comment le christianisme, ce chef-d’oeuvre de création religieuse, a pu, entre 300 et 400, s’imposer à tout l’Occident. À sa manière inimitable, érudite et impertinente, Paul VEYNE retient trois raisons. Un empereur romain, Constantin, maître de cet Occident, converti sincèrement au christianisme, veut christianiser le monde pour le sauver. Il s’est converti parce qu’à ce grand empereur il fallait une grande religion. Or, face aux dieux païens, le christianisme, bien que secte très minoritaire, était la religion d’avant-garde qui ne ressemblait à rien de connu.Constantin s’est borné à aider les chrétiens à mettre en place leur Eglise, ce réseau d’évêchés tissé sur l’immense empire romain. Lentement, avec docilité, les foules païennes se sont fait un christianisme à elles. Cette christianisation de cent millions de personnes n’a pas fait de martyrs. Au passage, Paul VEYNE évoque d’autres questions : d’où vient le monothéisme ? Faut-il parler ici d’idéologie ? La religion a-t-elle des racines psychologiques ? Avons-nous des origines chrétiennes ?

L’étude de la Bible, en classe de 6e, est importante. Livre le plus vendu de tous les temps, il permet de comprendre notre civilisation, la littérature, l’architecture, la peinture, etc. La Bible est souvent mise sur le même plan que les mythes grecs et latins. Or, le rapport entre Dieu et les hommes est nouveau et va bien plus loin que le rapport qu’entretenaient les dieux païens et les hommes. Paul Veyne, dans Comment notre monde est devenu chrétien, explique :

L’originalité du christianisme n’est pas son prétendu monothéisme, mais le gigantisme de son dieu, créateur du ciel et de la terre, gigantisme étranger aux dieux païens et hérité du dieu biblique ; celui-ci est si grand qu’en dépit de son anthropomorphisme (l’homme a pu être fait à son image) il a pu devenir un dieu métaphysique : tout en conservant son caractère humain, vivant, passionné, protecteur, le gigantisme du dieu judaïque lui permettra un jour d’assumer le rôle de fondement et d’auteur de l’ordre cosmique et du Bien, rôle que jouait le dieu suprême dans le pâle déisme des philosophes grecs. […] Avec la divinité chrétienne, l’inventivité religieuse s’est arrachée d’un coup d’aile au sol de l’imagination narratrice, cette fabulatrice intarissable et donc polythéiste ; elle s’est haussée à un niveau transcendant : les figures plurielles du christianisme sont réunies en un ordre cosmique qui, lui, est un.

L’ouvrage de Paul Veyne explique l’importance de la Bible et de son histoire au niveau historique, de 312 à 394, avec la conversion de Constantin. Il permet également de bien comprendre le changement qui s’est opéré entre les mythes gréco-latins et le mythe biblique. S’il est avéré que la Bible s’inspire des mythes précédents, elle les transcende par son aspect littéraire et philosophique. C’est donc l’aspect singulier de la Bible qui doit être mis en avant dans l’étude de ce texte fondateur. Nous pensons notamment à la parole performative et à la toute-puissance divine.

Pour aller plus loin, vous pouvez écouter la conférence de Paul Veyne donnée à la Bibliothèque municipale de Lyon :

Ionesco et Rhinocéros : contextes

Cet article est l’introduction du dossier consacré à l’étude de Rhinocéros d’Eugène Ionesco.

I. Eugène Ionesco

Dates : 1909 (Slatina, Roumanie) – 1994 (Paris).

Itinéraire : Ionesco passe son enfance à Paris, poursuit des études de littérature française à Bucarest (thèse sur Baudelaire), y enseigne le français, puis revient en France où il est mobilisé en 1940. Il fait jouer sa première pièce, La Cantatrice Chauve, en 1950.

Les œuvres :

  • 1950 : La Cantatrice Chauve
  • 1951 : La Leçon
  • 1952 : Les Chaises
  • 1959 : Rhinocéros
  • 1962 : Le Roi se meurt
  • 1966 : Notes et contre-notes (essai)

II. Le contexte historique et le théâtre de l’absurde

Contexte historique

La France et la littérature ont été marqués par les deux guerres mondiales et notamment par la seconde Guerre mondiale.

Les traumatismes liés à l’expérience des camps et au désastre nucléaire d’Hiroshima pèsent. On assiste progressivement à la disparition de la conviction selon laquelle le monde à un sens. Le monde se divise alors entre les actes humains, ignobles, et les principes nobles, déjà loin dans l’inconscient collectif. C’est alors un pessimisme ambiant qui règne en France et qui repose sur le questionnement de la nature humaine.

Le théâtre de l’absurde

Ionesco appartient à ce genre théâtral. Le théâtre de l’absurde, comme l’indique son nom, repose sur l’absurdité de la condition humaine qui devient l’objet d’un tragique dérisoire. C’est la déchéance des personnages, devenus de grotesques pantins, que l’on trouve dans ce théâtre. L’humanité souffrante y est représenté.

Alternant entre comique et tragique, Ionesco qualifie ses pièces de “farces tragiques”. Le mot “tragédie” n’apparaît plus après le drame romantique. Les auteurs du XXe vont réinventer ce genre.

Les thèmes

  • le vieillissement ;
  • la mort ;
  • l’enfermement ;
  • l’attente ;
  • la peur.

Ces thèmes diffèrent des thèmes romantiques qui les précédaient. Ici, ni l’amour ni l’honnêteté ne résistent au désespoir ambiant. Ionesco écrit qu’il met “l’homme comme perdu dans le monde, toutes ses actions devenant insensées, absurdes, inutiles”.

Personnages et intrigue

  • Comme pour le Nouveau roman, nous assistons à une disparition de l’intrigue. Les situations n’évoluent pas.
  • La temporalité et les lieux sont imprécis. L’action pourrait se passe n’importe où. Mise en place d’une dimension universelle.
  • La construction dramatique se fonde sur un langage qui, la plupart du temps, est incohérent.
  • Importance des gestes et des attitudes (nombreuses didascalies).

Le personnage de Bérenger

Chez Ionesco, ce personnage apparaît dans 3 pièces : Tueur sans gage (1959), Rhinocéros (1959), Le Roi se meurt (1962). Dans ce cycle, Bérenger est confronté aux thèmes cités plus haut : la mort, le pouvoir, le vieillissement, la mort et la peur. Il représente l’espèce humaine touchée par le contexte historique et déstabilisée par les horreurs récentes.

Poèmes s’inspirant de L’Odyssée

Nombreux sont les collègues qui font réciter aux élèves des poèmes en lien avec le chapitre étudié. Je vous propose quelques poèmes s’inspirant de L’Odyssée et pouvant être récités.

Cet article vient compléter le dossier d’étude consacré à L’Odyssée.

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Il faut lire !

Ce week-end, j’ai lu un excellent article intitulé “Il faut li-i-i-i-re !!!” sur le blog de Pierre Jacolino. Lui-même avait été inspiré par un article : “Avoir des lectures exigeantes influe sur la mémoire et le niveau d’écriture“.

Les titres vous l’auront fait comprendre, il est question de l’importance de la lecture.

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Au collège et au lycée, qui sont les professeurs qui font lire les élèves ? Majoritairement, il s’agit des professeurs de français. C’est un constat bien insuffisant. Les élèves associent souvent la matière à des contraintes qui ne leur parlent pas et à des choses pénibles. Bien évidemment, le professeur de Lettres accompagne les élèves et les aide souvent à leur faire comprendre le livre lu. S’ensuit – souvent – un goût pour le texte lu, expliqué et compris. Mais après, que font-ils de cela ? Est-ce suffisant ? La réflexion littéraire liée servira-t-elle tout le temps ?

Les programmes du collège insistaient (les programmes 2016 le font d’une manière moins évidente) sur le lien entre le programme de français et le programme d’Histoire. Au lycée, ce lien a disparu. Qu’en est-il des autres matières ? Comment inciter à la lecture dans une majorité de matières ?

Personnellement, je travaille en lien avec une collègue d’Histoire-Géographie. Nous regardons et essayons de croiser nos programmes afin que les élèves fassent des liens, exploitent leurs lectures et voient d’autres textes, d’autres points (afin de ne pas répéter). Ces nouvelles visions, en Histoire-Géographie, peuvent se faire par le biais du texte, de la lecture.

Toujours dans mon collège, certains ont développé quelques techniques pour inciter à la lecture dans leur matière :

  • Histoire-Géographie : contrôle d’actualité à partir d’extraits de journaux choisis ;
  • SVT : quizz mensuel, pour les élèves volontaires, à partir d’une revue spécialisée.

C’est un début mais cela n’est pas suffisant. Au collège cela est difficile mais pourquoi les professeurs de langue ne donneraient-ils pas des traductions d’œuvres à lire ou des articles de magazines ? Les professeurs de mathématiques peuvent proposer des extraits de revues ; certains romans destinés à un jeune public proposent aussi des énigmes mathématiques à résoudre. Bref, la lecture est possible dans toutes les matières.

Au lycée, pourquoi les professeurs de SES ne donneraient-ils pas des romans fondés sur des bases sociologiques et des essais courts et compréhensibles ? Même chose pour les autres matières et notamment les langues qui ne proposent plus de romans ni même de nouvelles à lire. Quelle déception. Comme le souligne Pierre Jacolino, la majorité des élèves arrivent en faculté sans avoir lu un chapitre de la matière à laquelle ils se consacreront pendant plusieurs années. Ce travail se fait généralement en 1re lors des TPE. Les élèves sont curieux, apprennent et lisent. Cela fonctionne. Pourquoi ne pas le pratiquer plus tôt ?

Pour revenir au collège, les EPI permettent de faire lire les élèves grâce à la croisée des matières. Profitons-en. Par exemple, je participe à un épi avec une grande majorité de matières à un EPI intitulé : “Le chevalier dans l’Europe médiévale”. Ce sera ainsi l’occasion de lire Le Roi Arthur de Morpurgo, une adaptation de Don Quichotte de Cervantés (version abrégée de l’Ecole des Loisirs), des extraits du Moyen Âge expliqué aux enfants de Jacques Le Goff, des explications d’enluminures dans des magazines d’arts, etc. Le but est de susciter la curiosité chez les élèves, de leur donner de la culture et de leur montrer que tout se croise et que la lecture se pratique partout.

Comme le dit P. Jacolino : “Ne craignons pas non plus de faire lire des écrits qui n’ont pas de rapport avec le programme. Ils seront lus à la maison, et ne nécessitent pas forcément de longues séances de débriefing pour être assimilés par les élèves. En revanche, ils pourront étayer un cours un peu rapide, combler une lacune, éveiller une curiosité. “

Professeurs, faites lire vos élèves et ne laissez plus les professeurs de Lettres être les seuls à faire lire.

Le plaisir du texte

Il est  bon de rappeler aux élèves et aux professeurs de Lettres que le texte est “un objet fétiche” qui provoque du plaisir. A cette vidéo de 1973 dans laquelle Roland Barthes évoque le plaisir du texte s’adjoint un groupement de textes théoriques et critiques destiné à des lycéens afin de les aider à définir les sens de la littérature.

Lector et Lectrix, apprendre à comprendre les textes

J’ai récemment lu l’ouvrage Lector et Lectrix, apprendre à comprendre les textes (collège), aux éditions Retz, qui a pour objectif d’apprendre aux élèves à apprendre à comprendre les textes. Nombreux sont les élèves qui se retrouvent totalement perdus face à un texte. Nous nous questionnons souvent face à ces difficultés sans savoir d’où elles viennent, sur quoi elles reposent et comment les dépasser.

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Les lectures analytiques, que nous devons souvent traiter en une heure au collège, passe rapidement des impressions de lecture des élèves à des interprétations. En faisant cela, nous laissons de côté des élèves faibles en lecture qui ont dû mal à comprendre le sens littéral. L’ouvrage Lector et Lectrix rappelle que la lecture est une tâche complexe qui repose sur plusieurs points :

  • des compétences de décodage (identification des mots, des phonèmes, des graphèmes…) ;
  • des compétences linguistiques (syntaxe, lexique) ;
  • des compétences référentielles (connaissances sur le “monde”, connaissances encyclopédiques sur les univers des textes) ;
  • des compétences textuelles (genre textuel, énonciation, ponctuation, cohésion, cohérence, inférences) ;
  • des compétences stratégiques (régulation, contrôle et évaluation, par l’élève, de son activité de lecture).

En classe, nous évaluons les élèves sur l’ensemble de ces compétences en ne les ayant jamais travaillées en amont. Nous n’enseignons pas ces stratégies de lecture car, de manière générale, elles nous échappent. L’ouvrage propose donc de remédier à cela en n’adoptant non plus une position d’élève qui répond aux questionnaires souvent répétitifs du professeur mais en tant que lecteur complet qui peut maîtriser un texte. Pour pallier les difficultés, l’ouvrage propose les principes didactiques suivants :

  • rendre les élèves actifs et capables de réguler leur lecture ;
  • inciter à construire une représentation mentale ;
  • inviter à suppléer aux blancs du texte ;
  • conduire à s’interroger sur les pensées du personnage ;
  • faire rappeler et reformuler pour apprendre à mémoriser ;
  • réduire la complexité ;
  • apprendre à ajuster les stratégies aux buts fixés ;
  • faire du lexique un objectif permanent ;
  • automatiser le décodage des mots ;
  • planifier un enseignement explicite.

Quant aux principes pédagogiques, en voici quelques-uns :

  • favoriser la clarté cognitive ;
  • assurer une attention cognitive ;
  • favoriser l’engagement des élèves dans les activités ;
  • stabiliser les formats ;
  • répéter sans lasser.

M. Belleville-Douelle, sur son blog, fait une remarque très juste : “Nous tentons parfois de travailler le lexique et la représentation. Cependant, nous proposons des activités sans en expliciter les tenants et les aboutissants. Or, l’élève a besoin d’une pédagogie explicite. C’est souvent un tort de lui cacher nos objectifs car il ne peut alors comprendre l’enjeu de nos activités. Elles ne font donc pas sens pour la classe. Pour s’en convaincre, il suffit d’interroger les élèves: « qu’avons-nous appris lors de la dernière séance? » Pleins de bonne volonté, ils vous diront ce qu’ils ont « fait » et non ce qu’ils ont « appris ».”

Cet ouvrage, destiné aux professeurs, permet le développement des compétences de lecture évoquées plus haut. Il se compose de sept séquences que l’on peut développer immédiatement avec les élèves.

Souvent utilisé par les professeurs de Lettres (je parle de la version collège), nous pouvons y voir quelques contraintes. Les séquences proposées sont intéressantes mais ne rentrent pas dans le cadre du programme. Nous ne pouvons donc pas les proposer ainsi. L’adaptation est aussi difficile car les stratégies de lecture ne sont pas adaptables sur tous les types de textes au départ. Lector et Lectrix suit une réelle progression qui, je trouve, vaudrait son utilisation dans des petits groupes de travail où des faibles lecteurs seraient réunis. De nombreux témoignages sont disponibles sur internet : les professeurs ayant mis en place cette méthode sont ravis des résultats obtenus sur les élèves.

Même si vous n’appliquez pas tout, l’achat de l’ouvrage est très intéressant pour nous, professeurs de Lettres. Nous aborderons la lecture d’une autre manière et mettrons de nouvelles stratégies en place. L’introduction de l’ouvrage est une mine d’or et permet une remise en question de nos pratiques.

Vous trouverez sur le site de l’éditeur des extraits qui vous permettront de mieux cerner la démarche de l’ouvrage.

Je reviendrai dans un futur article sur les premiers points que j’ai mis en place et sur les changements que j’ai pu constatés.

Comment faire lire une œuvre au collège ?

La lecture est au centre des apprentissages du français au collège. Mais fédérer les élèves autour de cette activité est une tâche complexe pour le professeur. Les élèves se montrent souvent réfractaires à la lecture d’une œuvre intégrale ou d’une lecture cursive. Alors, comment les fédérer à cette activité qui ne doit pas être seulement une activité scolaire mais aussi une activité plaisir ? Plusieurs actions sont possibles pour réhabiliter le plaisir de lire.

  • Lectures orales

Daniel Pennac, dans Comme un roman, explique que la simple transmission orale d’une œuvre complète (brève) a bien des vertus. On pourra par exemple consacrer un temps hebdomadaire donné, ou une série successives d’heures, à la lecture à haute voix faite par le professeur (les élèves n’ayant pas le texte) d’œuvres courtes (contes, nouvelles) permettant une traversée de la littérature française, siècle par siècle ; ou la traversée d’un thème (le voyage, la piraterie, les monstres, etc.). L’activité d’analyse se réduit alors à une discussion consécutive à l’écoute. D’où cette œuvre tient-elle sa force ? L’évaluation qui suivrait cette écoute serait l’élaboration du plan du texte, la rédaction de son organisation et de sa cohérence.

  • Présentation d’une œuvre, de manière régulière

A fréquence régulière, le professeur peut présenter un roman contemporain et accessible à la classe. Ce roman devra être disponible à l’emprunt au CDI. Des élèves qui auraient lu un roman (emprunté ou non) pourraient présenter ce livre à la place du professeur. Il ne faut pas hésiter à leur laisser la parole s’ils sont volontaires pour présenter un ouvrage. Rien de mieux qu’un adolescent pour conseiller à un autre adolescent un livre à lire.

  • Travail en collaboration avec une librairie

Cette année, la documentaliste et moi avons travaillé de paire avec la librairie du village afin que les élèves de 3e rentrent dans une librairie. La libraire avait proposé une liste de romans modernes destinés aux adolescents. Les élèves choisissaient plusieurs romans qui les intéressaient et allaient en parler à la libraire (obligation de se déplacer individuellement) pour savoir quel est le roman qui leur plairait le plus. La libraire passe ensuite la commande et c’est le CDI qui récupère les livres et qui les prêtent aux élèves. Ces derniers se sont déplacés et ont choisi un livre plaisant. Ils prennent le temps de le lire et peuvent rendre compte de leur lecture à l’oral ou à l’écrit. Le but est de réellement susciter le plaisir et l’envie de lire.

  • La bibliothèque de classe

Dans la classe, une bibliothèque peut être mise à disposition des élèves. Un devoir ou des exercices terminés en avance peuvent laisser place à la lecture. Ils peuvent, s’ils le désirent emprunter les romans en autonomie (système de fiches) et les rendent quand ils le souhaitent. Aucun travail n’est demandé mais ils peuvent en parler à leurs camarades ou en faire une critique écrite.

  • Le prix littéraire

Le prix littéraire (les Incorruptibles, par exemple) donne aux élèves un statut de lecteur responsable. La lecture devient sérieuse. Ils sont juges et expriment leur jugement librement, sans le regard du professeur. La rencontre possible avec l’écrivain est également quelque chose de stimulant. Ils participent à la vie de la littérature.

  1. Le Prix des Incorruptibles
  2. Le Prix Goncourt des lycéens
  • La rencontre avec un auteur

Rencontrer un auteur ou travailler avec tout au long de l’année est un point stimulant. Les élèves comprennent le processus de création littéraire et ce qui en découle. Ils voient également que la littérature est vivante et qu’elle évolue.

  1. Maison des écrivains et de la littérature
  • Organiser un rallye lecture

Un rallye lecture permet à l’élève de découvrir la littérature avec plaisir autour de la dynamique d’un thème. Cela permet aux élèves de lire encore et encore. Plus on lit, et plus on prend plaisir à lire. En 6e, pour compléter le travail en cycle 3, les élèves ont 10 questions simples de compréhension à traiter. Celles-ci permettent d’évaluer la lecture. Les questions et la grille de correction sont laissés au CDI. Les élèves peuvent s’auto-évaluer. A la fin du rallye, les élèves peuvent recevoir une note de participation et/ou un diplôme.

  • Créer un club de lecture

Réunion mensuelle, choix des livres par les élèves.

 

Si vous avez pratiqué d’autres méthodes ou avez des témoignages à apporter sur certaines proposées, n’hésitez pas à laisser un commentaire.

Pour aller plus loin : Faire place au lecteur dans la classe, ou comment faire (re)naître le plaisir de lire, Anne Vibert, Lire au collège n°88, 2011.

Compositions françaises, Maurice Schöne

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J’ai récemment (re)trouvé dans ma bibliothèque un ouvrage de Maurice Schöne intitulé Cent compositions françaises de morale et de littérature à l’usage des candidats au Brevet élémentaire. Cet ouvrage est conforme aux programmes de 1920. Même s’il est un peu démodé quant aux sujets “moraux”, les sujets de littérature restent intéressants. Certains peuvent être utilisés par nos élèves pour développer leur argumentation. Ces compositions françaises peuvent être utilisées en collège et en lycée. Je poste, ici, quelques sujets d’un caractère général.

  1. Parmi les pièces de Corneille / Racine / Molière que vous avez lues ou vu jouer, quelle est celle qui vous a le plus intéressé ? Racontez, de cette pièce, une ou deux scènes que vous aimez plus particulièrement et justifiez votre préférence.
  2. D’après les comédies que vous connaissez, quels sont les principaux vices ou ridicules que Molière a attaqués ou tournés en dérision ?
  3. Donnez le titre de plusieurs fables de La Fontaine que vous connaissez. Choisissez-en une que vous raconterez brièvement. Dites avec précision ce que vous aimez en elle.
  4. Vous avez lu et étudié les fables de La Fontaine. Cette étude vous a-t-elle intéressé ? Dites pourquoi, en vous appuyant sur des exemples précis.
  5. Quel  est, parmi les animaux que La Fontaine a fait intervenir dans ses fables, celui dont avez le mieux retenu et compris le langage, les attitudes, les sentiments ? En vous aidant de vos souvenirs, vous essaierez d’en faire le portrait.
  6. Pourquoi le XVIIe siècle est-il appelé “le grand siècle” ? En vous en tenant à la littérature, justifiez l’épithète “grand” que l’on a donnée au XVIIe siècle français. Dites quelques mots sur chacun des écrivains que vous nommerez, de manière à faire sentir que vous connaissez et appréciez quelques-unes de leurs œuvres.
  7. Pourquoi peut-on appeler le XVIIIe siècle “le grand siècle” ? Le XVIIe siècle a été appelé à juste titre “le grand siècle”. Pour des raisons différentes, c’est le XVIIIe siècle que Michelet appelle “le grand siècle”. Justifiez cette dernière opinion en montrant le rôle que la littérature du XVIIIe siècle a joué dans l’histoire.
  8. Quels sont les grands écrivains du XIXe siècle que vous connaissez ? Parlez d’une manière précise de l’un d’eux et citez quelques-unes de ses œuvres.
  9. Citez ceux que vous connaissez des poèmes que Victor Hugo a consacrés aux enfants. Montrez que le grand poète a aimé l’enfance et qu’il s’est souvent employé à l’instruire et à faire son éducation morale.
  10. De tous les grands écrivains français, quel est celui que vous préférez ? Pourquoi ?
  11. Sans entrer dans une analyse détaillée, racontez un roman que vous avez lu. Vous insisterez sur une ou deux scènes de cet ouvrage qui vous ont particulièrement frappé.
  12. Aimez-vous les descriptions de la nature ? Pourquoi ? Citez des écrivains qui ont laissé des pages dans ce genre. Si vous en gardez le souvenir, précisez le sujet de quelques-unes de ces descriptions.
  13. Deux jeunes gens discutent : l’un préfère le théâtre à cause du spectacle, de l’illusion de la réalité qu’il donne ; l’autre aime mieux le roman que l’on lit dans le recueillement, à sa guide, avec lequel on peut rêver.
  14. Le genre épistolaire – Qu’est-ce qu’une lettre ? Quelles qualités aimez-vous trouver dans une lettre ? Connaissez-vous des écrivains qui se sont distingués par le genre épistolaire ? Dites quelques mots de l’un d’eux à votre choix.
  15. “Je n’aime pas les écrivains du XVIIe siècle, dit un élève. Ils ne pensent pas comme nous ; ils ne parlent pas notre langue. J’aime mieux nos contemporains.” Répondez-lui en montrant ce qu’il y a d’exagéré dans l’affirmation d’une si grande différence entre le XVIIe siècle et nous. D’ailleurs la confrontation de notre esprit moderne avec celui du XVIIe siècle est utile à notre culture intellectuelle et morale.
  16. Doit-on continuer, après l’école, à lire les grands écrivains ? – Un de vos amis qui vient de quitter l’école vous écrit qu’il ne veut désormais lire que le journal “pour se tenir au courant”. “Les grands écrivains, ajoute-t-il, je les ai bien assez lus en classe ! ” Répondez-lui : Que connait-il vraiment des grands écrivains ? Il doit lire des œuvres qu’il n’a pu étudier en classe. Cette lecture est utile ; elle est une distraction ; elle un agrément.
  17. Un pays célèbre et entretient la gloire de ses grands écrivains. On fait étudier et apprendre à la jeunesse des pages de leurs œuvres. Comprenez-vous pourquoi ?