Les naissances fabuleuses

Page en lien avec l’étude de la naissance de Gargantua.

Les naissances mythologiques

Les naissances bibliques

  • La naissance d’Adam, puis celle d’Ève.
  • La naissance de Jésus

Les naissances dans l’histoire de Pline (étude tirée du site Ralentir Travaux)

L’auteur de Gargantua évoque enfin l’auteur romain Pline l’ancien et son Histoire naturelle, dont l’autorité est ou a été incontestable. Pline rapporte qu’«une femme accoucha quatre fois de deux jumeaux» ou encore qu’«il y a des accouchements de sept enfants à la fois», «Il naît aussi des enfants qui ont les deux sexes : nous les appelons Hermaphrodites» (Wikipédia). Mieux encore, il prétend qu’«une esclave mit au monde un serpent» ; il cite même le cas «d’un enfant qui rentra aussitôt dans l’utérus» (Wikipédia) ! Comment s’en étonner puisque quelques pages auparavant, Pline évoque Mégasthène qui «mentionne une nation d’entre les Nomades de l’Inde qui n’a que des trous pour narine, et des pieds flexibles comme le corps des serpents ; on la nomme les Scyrites » (Wikipédia).

Toutes ces références font la démonstration qu’à Dieu rien n’est impossible et, que par conséquent, le récit de Rabelais est vraisemblable, car si Dieu «le voulait, les femmes auraient dorénavant ainsi leurs enfants par l’oreille.».
Malgré tous les efforts de l’auteur, une telle naissance demeure « bien étrange »… Gargantua n’est-il pas un géant qui, avant de sortir par l’oreille, passe par une veine ? Ne parle-t-il pas dès la naissance ? N’est-il pas un étonnant personnage perpétuellement assoiffé d’une soif inextinguible de boisson, de nourriture, mais aussi (la suite du récit le montre) de savoir et de connaissances ?
Si Rabelais ne parvient pas à nous convaincre, c’est que le texte obéit à un double mouvement : l’auteur conte une naissance merveilleuse à laquelle il s’efforce de nous faire croire en convoquant force références érudites. En humaniste qu’il est, il évoque tour à tour la bible, la mythologie et l’histoire naturelle. Mais dans le même temps, Rabelais ne croit pas non plus à cette histoire dont il tente de nous montrer la vraisemblance. Il se révèle d’ailleurs sarcastique : « un homme de bien, un homme de bon sens croit toujours ce qu’on lui dit et qu’il trouve dans les livres ». On ne saurait croire quelque chose sous le prétexte que c’est écrit. L’humaniste nous invite à la réflexion et au sens critique (comme le faisait déjà l’auteur du prologue du Roman de Renart).