Sujet 1997 – Grammaire et stylistique

A ***
Tu es mon amour depuis tant d’années,
Mon vertige devant tant d’attente,
Que rien ne peut vieillir, froidir ;
Même ce qui attendait notre mort,
Ou lentement sut nous combattre,
Même ce qui nous est étranger,
Et mes éclipses et mes retours.
Fermée comme un volet de buis,
Une extrême chance compacte
Est notre chaîne de montagne,
Notre comprimante splendeur.
Je dis chance, ô ma martelée ;
Chacun de nous peut recevoir
La part de mystère de l’autre
Sans en répandre le secret ;
Et la douleur qui vient d’ailleurs
Trouve enfin sa séparation
Dans la chair de notre unité,
Trouve enfin sa route solaire
Au centre de notre nuée
Qu’elle déchire et recommence.
Je dis chance comme je le sens.
Tu as élevé le sommet
Que devra franchir mon attente
Quand demain disparaîtra.
1948-1950
René Char, Recherche de la base et du sommet, IV, “A une sérénité crispée”
Lexicologie
froidir (v.3)
marteler (v.12)
Grammaire

  1. Étude des déterminants du vers 8 (“Fermée comme un volet de buis”) au vers 21 (éQu’elle déchire et recommence”)
  2. Étude des trois adjectifs : étranger (v.6) ; comprimante (v.11) ; solaire (v.19)

Étude stylistique du texte